03/04/2009

... de Posadas

3 avril - 10h, heure locale - on se prepare pour une nouvelle journee de chaleur torride.  Et ca ne risque pas de s'arranger de sitot : plus on est "nord" et plus il fait chaud. 

Posadas, sur le Rio Parana, fait face au Paraguay.  Dans cette region, les jesuites s'etaient installes aux 16e 17e siecles, et avaient elabore avec les indiens Guaranis, un systeme de vie communautaire tout a fait original, mais sans doute trop derangeant, puisque les missions furent violemment fermees.  (cf. le film "Mission" de R. Joffre, avec Jeremy Irons et Robert De Niro).  Il reste cependant une serie de ruines, notamment des magnifiques eglises de l'epoque.  C'est pour ca que je suis dans le coin.  Dans quelques heures, je prendrai la route de San Ignacio Mini ou je compte bien passer la nuit, avant de partir vers Puerto Iguazu.

Petit retour en arriere depuis Buenos Aires.
Puisque je ne veux pas prendre d'avion, c'est bien sur dans les stations de bus qu'il faut se retrouver.  L'Argentine dispose d'un reseau de bus incroyable.  Des tas de compagnies desservent tous les coins du pays, en version "cama" (de veritables couchettes) ou "semi-cama"  (avec plus de place que dans n'importe quel bus europeen) et air conditionne et distribution de sandwiches et boissons pendant le voyage.  Je parle bien sur des bus longue distance.  Et les distances, elles sont tres longues.  La gare des bus de Buenos Aires est un immense hall a deux etages : en bas, les innombrables quai, et au-dessus, les bureaux des compagnies.  Je veux aller a Mercedes : je passe a l'information ou l'on me dresse la liste des compagnies qui desservent cette destination et leur numero de guichet (il y en a plus de 300), puis, faut faire son marche a l'etage.  Ensuite, tout est organise comme dans un aeroport, avec annonces des departs et des quais.  Tout tourne comme sur du papier a musique.

Pour Mercedes, la route, plate, au milieu du paysage toujours le meme, fait environ 9h et j'arrive au petit matin. La petite ville au milieu de la pampa, s'eveille.  Les enfants en uniforme affluent vers les ecoles.  J'ai vite fait le tour des rues quadrillees.  Il n' a pas grand chose a faire d'autre qu'a vivre dans cet endroit. 


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De temps en temps, je croise un homme, en tenue du parfait gaucho, chapeau noir a large bord et ceinture de cuir compris.  Comment font-ils pour ne pas avoir chaud !!!  Meme question pour les vaches, que l'on apercoit paissant tranquillement en plein soleil.   Finalement, apres avoir un peu erre, je me cale a la gare des bus, pour attendre celui qui m'amenera a Colonia Pellegrini,  point de depart pour la visite de la reserve naturelle de los Esteros de Ibera.

 

Midi trente.  Voila un bus comme je les aime !   Rouille, deglingue et bonde.  Toutes fenetre ouvertes dans la pampa.  Je m'assoupis plusieurs fois, gagnee par la chaleur et la moiteur.  Ce paysage est incroyablement monotone.  Les gens semblent descendre au milieu de nulle part.  Le gaucho, debout dans l'allee, en chemise de gros coton, tablier de cuir et guetres attaches par des lanieres, sera attendu a sa sortie du bus, par son cheval, tout arnache, attache a l'ombre d'un petit arbre.

Le bus me depose a l'entree du camping - tout beau, tout propre - Un vrai camping americain, avec bancs et table en bois et barbecue sous un toit, a chaque emplacement, le tout au bord du lac.  Voila qui est bien different des campings au milieu de la foret a Madagascar. 

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Pas un bruit autre que celui des oiseaux.  Une belle rencontre avec la nature, que l'on decouvre en barque.  Quantite d'especes d'oiseaux de toute taille et de toute couleur, puis aussi des petits caimans, qui se laissent approcher de tout pres et cet etrange gros rongeur qu'est le capybara, vedette du coin.



Le petit village, quant a lui, est plutot bizarre, sans reel centre, un quadrillage de grandes pistes ensablees, mais qui ne sont pas habitees sur toute leur longueur, si bien qu'on se demande sans cesse si on est toujours dans le village ou si l'on est sortis.  Tres peu de monde, grand calme et ciel de nuit rempli d'etoiles.  Je fais connaissance de Evan, un jeune americain d'une toute petite vingtaine d'annees qui voyage seul depuis 5 mois en Amerique du Sud.  Il campe au meme endroit que moi et l'on va se tenir compagnie jusqu'a ce matin.

Deux nuits sur place, enfin, une nuit et une demi : le bus pour quitter l'endroit passe a 4h du matin.  C'est parti pour une journee de tranports divers jusqu'a Posadas, que j'atteints finalement hier vers 17h.  Il y fait vraiment chaud.  Evan souhaite cuisiner. L'on fait quelques courses au seul supermarche ouvert (c'est un jour ferie pour commemorer la guerre des Malouines) et l'on partage des pates dans le patio de l'hotel.  Le lendemain, il va tacher d'obtenir un visa pour entrer au Paraguay (les citoyens nord americains ont besoin de visa en Amerique du sud).  Quant a moi : un dilemme : tenter une journee au Paraguay et revenir loger ici - ou alors partir pour San Ignacio.  Posadas n'est pas un endroit tres pittoresque pour loger...  Bon... Faut decider...  Je m'en vais pour S. Ignacio.  A bientot.

 

15:55 Écrit par Nautilus dans 2009 - Argentine | Lien permanent | Commentaires (0)

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